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 Osera-t-elle ? ♦ Madeleine

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MessageSujet: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Mer 25 Jan - 15:09

Elle se rhabille doucement, ses mains trembles, elle a envie de pleurer. Elle sent le regard de cet inconnu sur sa nuque, elle ne veut pas croiser son regard. Il ne prononce pas un mot, de toute façon que vous-vous qu’il dise ? Ils ont couché ensemble, cela s’arrête là. Il dépose quelques billets derrière Ania, elle ne prend même pas la peine de compter, elle déteste cet argent sale, cependant sans argent on est rien, elle en a besoin pour survivre. L’homme part sans un dernier regard, sans un dernier mot. Elle ne sait même pas quel est son prénom. Un inconnu parmi tant d’autres. La porte se claque, elle se lève et attrape les billets du bout des doigts. Encore un qui a donné beaucoup plus qu’il ne devrait. Elle glisse les billets dans un vieux bocal et redescend, en attendant un prochain client. D’un mouvement mécanique elle verrouille magiquement sa porte, dans ce quartier moldue, personne jusque là n’a réussit à comprendre comment ouvrir cette porte. Elle descend lentement les marches branlantes, plus par dégoût de ce qu’elle va devoir faire que par précaution. Dans les escaliers elle croise Alicia, une jolie rouquine qui elle aussi s’est trouvé ici on ne sait pas trop comment. Ici personne ne parle de son passé, on loue une chambre et tout le monde se tait. Alicia lui serre tendrement la main, si elle est ici c’est grâce à cette fille. Si elle a pu tenir jusqu’ici c’est aussi grâce à elle. Cela fait trois semaines, mais elle n’arrive toujours pas à s’habituer à sa nouvelle vie. Elle ne compte plus le nombre de fois où elle a pleuré sur l’oreiller d’Alicia.

L’air fétide glisse sur son visage, elle se laisse aller contre un mur. Elle n’a pas besoin d’aller chercher les mecs comme certaines filles, ils viennent vers elle directement. Probablement ont-ils pitié d’elle. Elle déteste être ici, elle déteste être observée. Cet endroit la terrifie, mais elle sait que personne ne pensera à venir la chercher ici, pas dans un tel quartier. De toute façon n’était au courant de ses petites combines, on sait pour la drogue, pas pour la prostitution. Elle sent le regard des gens sur elle, ils n’hésitent pas à s’attarder sur ses formes. Elle a envie d’exploser en sanglot, cependant elle reste froide et lointaine. Un homme s’approche d’elle, il ne demande pas combien c’est, il dit simplement qu’il la veut. Elle ne répond pas, elle se détache de son mur et monte les marches, l’homme à sa suite. Ne pas prononcer un mot, ne pas s’attacher aux inconnus. Ils ne sont que des inconnus, rien d’autre. Elle sent le regard de l’inconnu bruler son dos, elle ne dit rien et le laisse pénétrer dans cette petite chambre sale avec pour seul décoration ce vieux bocal de petit pois qu’elle a récupéré et dans lequel elle entasse son argent. Elle voit le regard de l’inconnu se poser ici et là. Il ne dit rien, ne fait rien. Elle commence à s’inquiéter, elle n’aime pas ce genre de type. Elle sait qu’au pire elle peut toujours appeler Charlie, il lui a promis qu’il la protègerait et qu’il suffirait qu’elle crie pour qu’il traverse le palier et vienne la voir, même s’il est avec un client.

« - Tu es Ania Dunyasha, la née moldue que tout le monde recherche. »

La jeune femme sursaute. Comment connait-il son nom ? Elle attrape sa baguette, prête à se défendre si besoin. L’homme rit. Il se moque d’elle, Ania se mord nerveusement la lèvre inférieur.

« - Ne t’inquiète pas, je suis un membre de l’Ordre, je ne pensais pas trouver une fille comme toi ici. Ce n’est pas ta place… » Ania ne dit toujours rien. « Tu connais Madeleine non ? » La jeune fille relève la tête étonnée, Madeleine se souvient d’elle ? « La pauvre se fait un sang d’encre… Je peux t’amener chez elle si tu le désires. » Un espoir, mais peut-elle vraiment ? Elle a peur de ce que Madeleine risque de penser d’elle… « Ne t’inquiète pas, je pense qu’elle sera ravie de te revoir. »

Ania regarde autours d’elle ce qu’elle abandonne. Une vielle chambre plus habitée par les rats et les araignées qu’elle. Cependant il y a aussi des personnes qui se sont occupés d’elle, Alicia, Charlie… Sa place n’était pas ici et le seul désire des personnes vivant dans cet immeuble était de le quitter.

« - Vous pouvez m’attendre ? »

L’homme hocha la tête avec un petit sourire tendit qu’Ania glisser l’argent durement gagner dans deux enveloppes aux noms d’Alicia et de Charlie, c’était bien la moindre chose qu’elle pouvait faire. L’homme lui tendit avec douceur la main et ils se transplanèrent devant le cottage de Madeleine. Est-ce qu’elle oserait la revoir ? L’homme la poussa doucement vers la porte de Madeleine. Elle a peur, elle a peur du regard de Madeleine…



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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Jeu 26 Jan - 21:51

Dix-sept heures quarante-trois. J’étais tranquillement installé dans mon bain. Vous devez vous dire que je suis bien souvent dans un bain. Ce n’est pas ma faute si les gens se passionnent pour les sirènes. Afin d’être l’actrice que je suis aujourd’hui, mes mentors m’enseignèrent qu’il était essentiel de vivre dans la peau de mes rôles. Devant jouer prochainement une sirène, j’aimais l’idée de m’inspirer des séjours de Calyë. En Effet, cette dernière m’avait réappris à me satisfaire du nécessaire. Habituellement, il me suffisait trois choses afin être heureuse : mes petits déjeuners anglais, mon earl grey citron et finalement mon bain moussant. Cependant, quelque chose m’empêchait de me satisfaire de cela. Quelque chose hantait mon esprit. Il s’agissait d’une promesse que j’avais faite quelque semaine en arrière.

« Je suis là. Ne t’en fait pas.». Certes, j’avais prononcé ces mots mais les avais-je respectés ? Il me semblait évident que non. Qu’avais-je fait pour Ania ? Rien. Comment avais-je pu lui mentir, la trahir ? Il me fallait me rattraper. Je devais la retrouver et l’aider. Pour ce faire, j’avais ma petite idée. Je savais vers qui je devais me tourner pour trouver une solution. Habituellement, c’était lui qui venait me trouver pour résoudre ces problèmes. Il me semblait donc pertinent de pouvoir lui demander de rendre l’appareil. Nous nous connaissions depuis dix ans. Sasha avait étudié à Durmstrang. La première fois où nous nous étions rencontrés, nous nous trouvions en France. Beauxbâtons avait invité les nobles garçons de Durmstrang pour leur bal de Noël annuel. Sasha m’avait invité. Nous avions passé une agréable soirée imprégnée par nos rires, nos confessions et notre amitié naissante. Nous gardions contacte. Puis deux ans plus tard, nous nous donnâmes rendez-vous à Poudlard. Nos deux écoles s’y rendaient afin de participer au tournoi des trois sorciers. Comme tout le monde le sait, beaucoup d’élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang restèrent en Angleterre.

Sasha et moi sommes restés des amis proches. Malgré cela, nos vies prirent des chemins différents. Moi, je me pavanai dans la communauté mondaine alors que lui devenait de plus en plus discret. Cela ne faisait que quatre mois que je compris pourquoi Sasha était plus disant depuis trois ans. Alors que Sanders m’accompagna chez lui, je vis un homme assis au coin d’un feu de cheminée. Cet homme je ne l’aurais jamais reconnu s’il ne m’avait pas lancé ce magnifique sourire que je connaissais si bien. C’était Sasha. Nous nous courûmes dans les bras. Sasha était donc un membre de l’ordre du Phoenix. Tout s’expliqua alors. Tout au long de ma vie, j’avais été entouré, sans le savoir, par des dissidents. Il était donc inscrit dans mon destin que moi aussi je finirai parmi eux. C’est pourquoi, le jour où j’eue besoin d’aide je me tournai vers eux.

Je quittai donc mon domicile et me rendit dans la deuxième demeure où je me sentais en sécurité, le QG de l’ordre. Lorsque je rentrai dans la salle à manger Sasha était tranquillement installé. Il me regarda et explosa de rire.

-Tu viens de croiser une inferi, ou quoi ? Tu tires une de ces tronche !

Je lui souris bêtement et m’assis à ses côtés. Il y avait un verre vide devant moi. Je me mis à jouer avec.

-J’ai besoin de ton aide pour une affaire. J’aimerai que tu n’en parles même pas aux autres.

Sasha posa sur moi son regard interrogateur. Il savait très bien que cela devait être important. Je n’étais pas le type de personne à faire des secrets si cela n’était pas extrêmement important. Il se leva alla fermer la porte et lança les sorts adaptés pour que personne ne puisse nous entendre. Je lui contai alors ma rencontre avec Ania la fugitive. Je ne lui racontai rien des confiances de la jeune femme. Je lui expliquai uniquement mon propre ressenti, mes promesses et l’inquiétude que je ressentais vis-à-vis de sa situation actuelle. Comment pouvait-on la laisser seule sachant dans quel état je l’avais recueilli la première fois ? Je dois l’admettre, je travaillai beaucoup sur la culpabilité du jeune homme. En lui rappelant que la fonction première de l’ordre était de défendre les plus faibles ! Ania, seize ans, droguée et prostituée ne pouvait-elle pas être considérée comme une personne faible que l’on devait protéger ? Pour ma part, j’en étais convaincu. Sasha m’avoua qu’il n’était pas convaincu de la confiance que j’avais pour la jeune russe. Je lui rappelai que je m’étais rarement trompée sur les gens et que je savais qui choisir pour m’entourer. Malgré ses réticences, mon ami de toujours accepta de m’aider.

-Rendez-vous à dix-huit heures demain soir, devant ta porte d’entrée.

J’eue un immense sourire, lui donnai un bisou sur la joue et lui dis « à demain ». Je savais que Sasha était la personne la plus approprié pour cette tâche. Il avait un certain don de chasseur. Pour lui, retrouver quelqu’un était un jeu d’enfant. Peut-être qu’avoir son père dans les services secrets soviétiques l’aidait un peu. Je rentrai donc chez moi et allai me coucher. C’était terrible de savoir qu’il me faudrait encore attendre près de dix-neuf heures avant de revoir Ania.

Ma journée sembla durée des heures même des jours. Malgré que je sache que Sasha était le meilleur, j’avais peur de lui en avoir demandé trop cette fois. Si nous nous faisions attraper, il serait trempé jusqu’à la moelle. De ce fait, l’ordre perdrait deux de ces agents. Il fallait que tout se passe bien. Je passai la grande partie de ma journée à observer les aiguilles bouger sur ma magnifique horloge du salon. Lorsqu’il fut dix-sept heures cinquante-huit, je me levai et me dirigeai en direction de la porte d’entrée. J’attendis que les deux minutes passent et enfin j’entendis la sonnerie retentir. Il avait réussi ! J’ouvris la porte avec hâte. C’est alors que je vis Ania. Telle une mère dont l’enfant avait fugué, je lui sautai au cou et lui donna un baiser sur la joue. Je remis ses cheveux derrières les oreilles et leur dit :

-Rentrez ! Ne restez pas dehors. Je vous ai préparé du thé !

Sasha me regarda et me dit tout simplement.

-Navré les filles, mais je vous laisse là. On m’attend quelque part pour faire quelque chose…

Je souris, dis merci et refermai la porte en lui lançant un clin d’œil. Habituellement, je me serais questionné sur la nature de sa mission. Cependant, ce soir tout cela m’était bien égal ! Ania était là et s’était tout ce qui contait ! Je l’accompagnai jusqu’au salon où d’un coup de baguette magique ma table se transforma en un magnifique tableau. Une théière était entourée de deux magnifiques tasses et des présentoirs portaient différentes sortes de muffins, cupcakes ou macarons maison. Je me tournai vers mon invité et lui dis :

-Je pensais que tu aurais faim… J’ai demandé à mon merveilleux elfe de maison de te préparer toutes ses spécialités. Mais si tu préfères du salé, Glopsy se fera une joie de te faire une omelette, cuisse de grenouille ou encore filet mignon…



"Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer."
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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Sam 28 Jan - 13:43

La petite blonde ne dit rien, son visage reste sec, neutre, elle a vu trop d’horreurs dans ce monde pour pouvoir s’émerveiller. Elle essaie de sourire pourtant, pour montrer sa joie. Elle n’y arrive pas, elle reste cette poupée froide et distante. Elle a trop souris, maintenant cela c’est brisé, elle ne sait plus comment on sourit véritablement. Elle ne sait plus comment on est heureuse, elle n’ose pas, elle a peur du bonheur. A chaque fois qu’elle y gouttait, à chaque fois qu’elle s’essayait aux charmes de la joie, elle voyait disparaitre tel un supplice de Tantale. Alors maintenant elle n’y croit plus, maintenant elle veut tout oublier et tout laisser derrière elle. Parfois elle voudrait redevenir cette petite fille blonde, qui pensait que la magie n’existait que dans les contes de fées et qui rêvait d’être une princesse. Cette petite fille qu’on a obligé à grandir trop vite. Elle voudrait redevenir cette petite fille et tout recommencer à zéro. Elle voudrait disparaitre. Cependant elle ne peut pas, on ne lui en donne pas le droit, alors elle devient cette poupée. Une poupée morte, sans émotion, faisant simplement ce qu’on lui dit. N’est-ce pas ce qu’on a toujours attendu d’elle ? Etre une jolie poupée qui fait tout ce qu’on lui demande. Alors elle dit merci. Alors elle s’assoit devant la table et attrape un cupcake rose. Un jolie cupcake rose. Elle tremble son doigt dedans et le suçote, c’est sucré… Un sourire se dessine sur ses lèvres, une poupée doit sourire quand elle goûte à un cupcake.

Autrefois elle était une enfant naïve et remplit d’innocence. Quand elle est arrivée en Angleterre tout le monde l’admirait, tout le monde regardait avec de grands yeux. On l’enviait, on l’admirait, on disait qu’elle était la plus belle. Quand elle est arrivée en Angleterre, elle fut accueillit en princesse.

Elle croque dedans, mais elle n’a pas faim. Ses doigts tremblent, elle a besoin de sang de vampire, cela fait plusieurs jours qu’elle n’en a pas pu. Elle a été obligée de fuir dans un quartier moldu pour échapper aux sorciers, ce n’est pas dans un tel endroit qu’on trouve du sang de vampire et ses anciens contactes… Ils se feraient un plaisir de la dénoncer. Non, elle n’a plus rien. Elle pose un regard absent sur ces doigts qui tremblent, elle les pose sur la table, avec violence, elle veut qu’ils cessent de trembler, elle ne veut pas qu’on voit son addiction. Toujours tout cacher, dès que quelque chose ne va pas, elle doit le cacher, elle n’a pas le choix. On lui a toujours dit de cacher ses tords, ses travers, sinon les autres la rejetteront, elle ne veut pas être rejeté. Elle veut qu’on l’aime comme avant. Elle pose doucement le cupcake, elle ne peut pas manger, elle ne se sent pas bien.

Elle avait tout ce qu’elle voulait, tout ce qu’elle demandait elle l’avait. Il lui suffisait de suivre une close du contrat. Il suffisait de n’être qu’une poupée entre ses doigts et de faire tout ce qu’il voulait. Elle ne pouvait pas, elle ne pouvait pas laisser son destin être guidé par un contrat.

« - Madeleine… Je ne suis plus rien. »

Elle avait murmuré ces mots sans la moindre émotion. Elle était morte, cela faisait des années qu’elle était morte, cependant ce n’est que maintenant qu’elle s’en rend compte. Elle est morte. Tout est finit. Elle n’est qu’une poupée, ils ont gagné. Elle aurait peut être dû le faire bien avant, elle aurait dû disparaitre de ce monde dès sa fuite, sauf qu’elle s’est raccrochée à cette vie avec idiotie. Croire au prince charmant, est-ce encore possible ? Non. Elle, elle n’a pas le droit à de prince charmant, car elle l’aime son frère, amour à la fois interdit et dégoûtant. Elle aime ce garçon, alors qu’elle n’a pas le droit. Elle était une femme impure dès qu’elle a vu le jour. Princesse maudite, elle ne mérite pas sa place sur cette terre. Ses doigts glissent sans qu’elle ne s’en rende compte vers un couteau, un couteau pointu, aiguisé, brillant.

Etre libre. L’enfant qui ne rêvait que de conte de fée ne peut pas comprendre. Ania ne croit plus aux contes de fée depuis longtemps, même si elle dit le contraire. Elle sait que la vie ce n’est pas merveilleux, c’est dur, cruelle et que la seule chose qui compte c’est d’être libre.

Ses doigts saisissent le couteau, elle joue avec au début, elle a peur. Elle a peur de ce qu’elle va faire. Elle ne veut pas, cependant elle n’en peut plus, elle a compris qu’elle était morte depuis longtemps. Elle en a asse d’être bercé d’illusion. Certains lui diront qu’elle est égoïste, qu’elle ne pense qu’à elle, qu’elle n’est au fond pas la seule à souffrir. Beaucoup souffrent probablement plus qu’elle. On lui reprochera de ne pas avoir supporté des problèmes d’adolescentes. Mais que voulez-vous ? Elle n’est pas forte, elle ne fait pas partie de ces personnes qui peuvent faire face à tout. Non, elle, elle se laisse emporter par le flot de douleurs, elle se laisse détruire, elle est incapable de faire face. Alors elle veut disparaitre. Elle se moque qu’on pleure ou non sur sa tombe, elle veut simplement partir. Le rejoindre lui. Elle glisse le couteau vers elle, lentement, l’air de rien, elle ne veut pas inquiéter Madeleine.

Toutes les princesses sont en fait des oiseaux dans des cages dorés, on leur coupe les ailes et on les empêche de voler, on les attache à un royaume, on leur impose des obligations. Cependant tout ceci, on ne le raconte pas, car alors plus personne ne voudrait être une princesse.

La lame glisse sur la chair de son poignet gauche, une douleur sourde s’échappe, elle crie, elle a mal. Le couteau ensanglanté tombe. Même pas fichu de réussir sa mort. Elle n’est qu’une moins que rien jusqu’au bout. Les autres se moqueront d’elle, la regarderont de haut. Lui dirons qu’elle est incapable de faire quoi que soit. Ils ont raison. Heureusement qu’il est là, lui, son tendre ami. Il a disparu, mais elle le rejoindra. Elle a mal, sa tête devient de plus en plus lourde, elle perd le contrôle. Tout son corps tremble, elle ne cherche même pas à essayer à récupérer le couteau pour faire l’autre poignet. Ses yeux se posent sur Madeleine, une étreinte douloureuse sert son cœur.

« - Je suis désolée… Je… je ne veux pas être une poupée. »



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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Lun 30 Jan - 22:32

Dix-huit heures dix. Il lui a suffit dix secondes… Je me suis retournée quelque seconde afin d’aller chercher le sucre. Pourquoi n’avais-je pas pensé à le mettre sur cette table ou a ne pas mettre de couteau? Depuis quand mettait-on des couteaux pour manger des viennoiseries ? Mais voilà, tout aurait été bien différent si je ne me montrais pas tant tête en l’air. J’étais incapable de ne rien oublier. Devrais-je peut-être laisser Glopsy se charger de mes affaires ? Ainsi je pourrais être sur que tout serais bien organiser.

À mon retour, Ania posa sur moi son regard vide et ajouta : « - Je suis désolée… Je… je ne veux pas être une poupée. ». C’est à cet instant que je réalisai que mon tapis avait une tâche rouge. En la suivant du regard, je peux constater qu’elle provenait de l’artère radiale de ma jeune invitée. Ania était sur le point de tourner de l’œil lorsque je sortie de mon sac à main mes potions de réserve. Bien que surprise, je ne me laissai pas emporter par mon éternel instinct maternel. Je commençai par refermer la plait puis lui la forçai à avaler une potion de régénération sanguine. Avait-elle oublié qu’elle se trouvait dans une demeure de sorcière ? Petit à petit, mon invité reprit des couleurs. Je le regardai sévèrement et la grondai gentiment :

-Ania si tu ne veux plus être traité comme une poupée, cesse de jouer la poupée ! Penses-tu réellement que ta mort les touchera en quoi que se soit ? C’est juste ce qu’il recherche.

J’avais décidé de ne plus là préserver. Ania avait besoin d’une décharge afin de changer. Jusqu’à maintenant, je n’étais pas parvenue à l’atteindre. Peut-être fallait-il rentrer dans son jeu ? Je décidai de lui révéler la vérité. Je repris donc la parole sans même lui laisser le temps de répliquer.

-Sais-tu qui est venu te chercher ? Je suppose que non. Il s’agit d’un de mes amis de l’ordre du Phoenix. Ma demeure est l’un de nos lieux de rencontre. Tu t’images bien que beaucoup de personne te recherchait… Pour ma part, il était hors de question que quelqu’un d’autre que moi te découvres ! Car vois-tu… J’ai des projets pour toi, Ania Dunyasha.

Je cessai de parler quelque instant. Je souhaitai lui lancer le temps d’ingurgiter toutes les informations que je venais de lui révéler. Sasha m’avait demandé de ne pas révéler son identité. Il lui avait même conseillé de ne rien avouer sur les agissements de l’ordre. Pourtant, j’étais persuadé que pour gagner la confiance de quelqu’un il fallait faire confiance. C’est pourquoi, j’avais choisi de me confier à la jeune russe.

-Pour être honnête, nous sommes les trois seules personnes à être au courant de ta présence en ma demeure. À ton sujet, je ne me fais confiance qu’à moi. Car vois-tu, tu ne peux pas être vu par qui que se soit. C’est cette phrase qui m’a donné mon idée… Vois-tu après réflexion, je me suis dit que le problème n’était pas d’être vu mais plutôt d’être reconnu… As-tu deviné mon idée ?

Ania était une fille intelligente mais pouvait-elle comprendre que dans ma salle de bain se cachait une de mes nouvelle expérience ? En effet, cela faisait depuis sa disparition que j’avais lancée mes recherches. Je m’étais inspirée des travaux des moldus afin de réaliser des déguisements plus vrais que nature. En effet la veille, j’étais parvenue à réaliser une potion de métamorphose. J’avais l’intention de faire changer d’apparence ma protégée. Je la regardai et lui dit :

-La seule chose qui me manque est ta préférence… Préfères-tu être noiraude ou rousse ? Pour ma part, je préfère le roux. Le noir rend bien trop sévère…



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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Mar 31 Jan - 22:07

Une poupée… Etait-ce vraiment un jeu ? Est-ce qu’elle l’avait voulu être cette poupée, cette jolie poupée qui devait se contenter de sourire ? Sa sœur l’avait prévenu, cet homme va guider toute ta vie. Elle le savait, elle le savait très bien, pourtant elle a fuit, elle a accepté de devenir une poupée et elle a continué à l’être se contentant de subir les actes, elle a toujours subis, car cela était bien plus simple. Elle a envie de pleurer, mais elle retient tant bien que mal ses larmes. Si elle a fuit, cela est pour gagné sa liberté. Pour ne plus à jouer les poupées… Pourtant elle continue. Non. Sa petite bulle se fissure. Elle a peur, elle se mord la lèvre, elle voudrait répondre, se défendre, mais elle sait que c’est vrai. La fissure s’étend lentement. Non, elle n’a jamais joué les poupées, ce sont eux qui l’ont traité ainsi et uniquement ainsi. Ce n’est pas de sa faute. La fissure se résorbe. Qui trompe-t-elle ? Ania n’a pas toujours été cette petite poupée remplie d’innocence qui disait oui à tout ce qu’on attendait d’elle. Autrefois elle avait ce qui ressemblait à une personnalité. La bulle se fissure de nouveau. Autrefois elle n’agissait pas comme une poupée, elle était… Cela n’était pas facile, mais elle était quelqu’un. La bulle éclate, elle s’envole en des milliers de morceaux. On dirait des étoiles. Cela est magnifique, mais à la fois très triste. Cela la blesse. Elle dit adieu à ce monde de facilité et de pleurs.

Ses yeux se posent doucement sur son poignet, il y a quelques minutes encore des perles rouges écarlates s’en allaient emportant avec elle la vie. Un sentiment de honte l’envahit. Comment a-t-elle pu vouloir fuir ainsi ? Comment a-t-elle pu choisir la solution de facilité pendant si longtemps ? Comment-a-t-elle pu devenir ainsi ? Elle, cette gamine qui ne se laissait pas faire, qui faisait face et qui savait répondre ? A-t-elle vraiment disparu ? Cette fille qui osait aimer son frère, cette fille qui n’avait pas peur de ce que les autres pensent. Elle ferme les yeux. Elle a peur. Elle écoute les mots de Madeleine. Oui, beaucoup de personnes la recherche après son coup d’éclat, le seul depuis bien des années. Elle écoute les mots de sa marraine la fée, ils ressemblent au murmure d’une rivière. Elle écoute, ils sont rassurants, mais vide de sens. Elle secoue la tête doucement. Elle a trop joué les poupées.

« - Me teindre les cheveux ne suffira pas… Tout le monde me connait, ils m’ont tous vu, ils me connaissent trop, changer de couleur de cheveux ne sera pas suffisant. »

Elle regrette. Elle avait tout, elle avait tout ce qu’elle voulait. Tout ce qui lui suffisait, cela de n’aimer personne d’autres que lui et de ne rien révéler. Les seules choses. Il lui suffisait d’être une gentille petite fille et elle avait tout ce dont elle avait rêvé. Elle ne connait plus le malheur, elle avait de l’argent, beaucoup d’argent, elle pouvait continuer ses études, elle était aimée, admirée. He ! Même qu’elle était mannequin. Quelle gamine de 17 ans peut se venter d’avoir tout cela ? Elle était une privilégiée. Une princesse des temps moderne. Elle a tout détruit. Maintenant, maintenant c’est pire qu’avant. Maintenant elle fuit, elle a dû se prostituer pour survivre, elle a redécouvert la difficulté de la réalité. Revenir en arrière, quand tout était plus simple… Redevenir une poupée. Est-ce qu’elle veut vraiment ? Redevenir une poupée. Une jolie poupée qui se contente de pleurer en silence ?

« - Non, cela n’est pas suffisant, il faudrait qu’une bonne fée me change complètement d’apparence, comme dans un conte de fée. Sauf que les contes de fées, cela n’existe pas. »

Non. Non plus jamais elle ne redeviendra cette poupée qui vivait dans cette bulle aux éclats dorés. Elle a tout perdu, elle le sait très bien. Cependant elle sait aussi que les contes de fées ne sont que de beaux contes que l’on raconte aux enfants et rien d’autre. Elle n’est plus une enfant, croire à ce genre de chose n’est plus pour elle. Disparaitre, redevenir cette enfant innocente, cela serait tellement simple. Se soumettre, n’avoir plus de liberté, plus d’humanité. Non. Madeleine a raison, elle ne doit plus jouer les poupées, elle n’est pas une poupée.



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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Jeu 2 Fév - 21:37

Les contes de fées cela n’existe pas. Cette phrase on me l’avait dit tant de fois et pourtant, les contes, de fée j’y croyais encore. Je pourrais même dire que j’avais grandi dedans. Tous les soirs au coin de mon lit, mon père me contait des histoires fabuleuses où les héros étaient des fées, des farfadets ou des lucioles. J’adorais l’écouter raconter toutes ses aventures. Petite j’aurais tant souhaité être l’héroïne de l’une d’entre elle. J’aurais aimé pouvoir me balader dans les champs ou me baigner dans les rivières à l’image des nymphes. Mais voilà, je n’étais pas une nymphe. Du moins, pas vraiment.

Suite au discoure de la jeune russe une question me trottait en tête : Comment Ania pouvait-elle vivre dans un monde où la féerie n’avait pas sa place ? Pour ma part cela aurait été impossible. Pour beaucoup la magie était leur oxygène. Pour ma part, c’était la féerie. Si un jour, on me demandait de choisir, je n’opterai pas pour la magie. Pour être honnête, mes origines m’en empêchaient. Dans ma famille, il existait un lourd secret. Je l’avais découvert quelque année auparavant et je m’efforçai de le protéger à mon tour.

Aujourd’hui, j’allais porter un nouveau secret, aussi dangereux que mes origines. Aujourd’hui, il me faudra métamorphoser une fillette. C’était difficile pour moi de savoir qu’une fois mon travail effectué, plus aucun de ses proches ne la reconnaîtraient. Elle sera seule en dehors de moi et des membres de l’ordre. Certes lui teindre les cheveux ne suffirait pas. Ania était bien trop connue pour qu’on ne reconnaisse pas son visage. J’en étais bien consciente. Je décidai de laisser planer le doute :

-Sais-tu en combien d’années ont été construis la tour Eiffel, les pyramides de Kéops ou encore Tower Bridge ? Je vais te le dire vingt-et-un mois, vingt ans et huit ans. Pourtant, il a bien fallu débuter par la première pierre.

La jeune fille ne devait certainement pas comprendre où je voulais en venir. Je lui souris et ajoutai :

-Ma chère enfant, je commence par te questionner sur tes cheveux, suivront tes yeux puis tes mensurations et au final, tu ne seras plus Ania Dunyasha mais bien une parfaite inconnue.

J’avais parlé sur un ton solennel et me souvenant de sa réflexion au sujet des fées. J’avais sourire. A cet instant précis, j’étais enchanté qu’Ania ne porte pas assez attention à ce qu’elle disait et à ce qu’elle faisait. Ainsi, elle ne poserait certainement pas de question sur son étrange réaction. Afin de me protéger, je me dirigeai dans la salle de bain et partie cherché le matériel dans ma salle de bain.



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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Ven 3 Fév - 0:24

Rousse. En un coup de baguette magique, la voilà devenue rousse. Elle essaya de sourire, mais c’était une inconnue qui souriait et non elle. Elle se touche la joue du bout des doigts, stupéfaites, elle n’y croit pas, mais peut-on y croire ? Peut être croire que cette jeune fille trop maigre, avec des yeux écarquillés, des cheveux roux bouclés et un visage constellé de tâches de rousseurs était bien elle ? Un sourire se glisse sur ses lèvres, elle aime bien sa nouvelle apparence. Personne ne se doutera que derrière cette rouquine se cache Ania Dunyasha.

Elle l’avait entrainé dans la salle de bain. Ania n’avait pas prononcé de mots, elle n’osait pas, les paroles énigmatiques de Madeleine la perturbait et après ce qu’elle avait fait, elle n’avait pas le courage de s’opposer aux désires de la jeune femme. Un poids sur le ventre, elle l’a suivait. Elle n’aime pas les salles de bains, ce sont dans les salles d’eaux que la drogue circule et que l’on goûte aux plaisirs de la chair lors des réceptions. Non, elle n’aime pas les salles de bains. Sauf qu’elle ne dit rien, elle la laisse faire. Elle la laisse la tripoter dans les sens, elle avale quand il faut avaler, elle ferme les yeux quand il faut les fermer, elle baisse la tête quand il faut la baisser, elle fait ce que Madeleine veut quand Madeleine lui demande. Elle n’y croyait pas, pourtant elle se laissait faire. Elle a toujours cette peur que la personne l’abandonne si elle ne fait pas ce qu’on lui demande. Aujourd’hui elle n’a plus rien, elle n’a plus que Madeleine, alors elle fera tout ce qu’elle veut, car elle ne veut pas la perdre, elle ne veut pas retourner dans cet immeuble miteux où ses soit disant camarades l’ont déjà oubliés. Elle ne veut pas retourner là bas.

Tout avait changé. Tout. Cela n’avait pas été douloureux, son corps n’était plus le même. Elle avait maigrit de plusieurs kilos. Ses seins étaient plus petit, ses bras étaient maigres, son visage plus anguleux. Son cœur se serra lorsqu’elle vit ses yeux, ce n’était plus les yeux marrons que sa mère lui avait légué, ils étaient bleu, d’un bleu banal. Elle n’était plus jolie, elle était banale, plus personne ne s’intéresserait à elle maintenant. Elle se mord la lèvre inférieure. Elle ne se reconnait plus, elle ne se reconnait pas. Ce n’est plus elle. D’un coup de baguette magique elle avait changé. Rousse. En un coup de baguette magique, la voilà devenue rousse.

« - C’est fantastique… Tu es une véritable fée. »

Elle avait cessé depuis longtemps de croire en la magie des contes de fée. Pourtant, cette fois-ci elle y croyait. Elle avait envie d’y croire à nouveau. Elle était complètement différente, elle était tellement banale. Personne ne pourra la reconnaitre. Non, personne. Même pas lui.

« - Personne ne pourra me reconnaitre… Même pas lui. »

Sa voix déraille, non lui non plus ne pourra pas la reconnaitre. Probablement qu’il vaut mieux qu’il soit ainsi, il n’est plus le même. Il n’est plus qu’un… monstre. Un vampire. Une horreur. Pourtant elle ne peut s’empêcher de l’aimer. Elle n’arrive pas à oublier l’amour qu’elle a pour lui. Son cœur se serre, elle a peur maintenant, elle a peur qu’il ne la reconnaisse pas, elle a peur qu’il ne l’aime plus. Elle essaie de sourire, mais elle n’y arrive pas. Ce n’est plus elle, elle le sait bien. Cela devrait être merveilleux, elle devait rire de joie. Définitif, elle sait que c’est définitif, plus jamais elle ne pourra retrouver son apparence normale. Des larmes menacent de couler, elle essaie de les retenir, elle renifle, elle a l’impression d’être ingrate. Elle n’est plus la même. Elle n’est plus Ania.

« - Je ne suis plus Ania. Je vais pouvoir tout recommencer à zero. »

Elle devrait être heureuse. Tout recommencer à zéro, elle avait toujours rêvé de cela. Pourquoi ? Pourquoi était-elle aussi triste. Elle pose ses doigts sur son visage. Elle n’est plus Ania. Elle n’est plus une Dunyasha. Sa propre mère ne la reconnaitrait pas et c’était la seule chose qui lui restait d’elle. Son physique. Elle avait les yeux de sa mère, elle avait le de son père, le même sourire que sa sœur. Elle était une Dunyasha. Elle l’était.



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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Mer 8 Fév - 16:46

J’avais dit que je débuterai par les cheveux. Elle avait choisi le roux. C’était un bon choix. Les russes n’étaient que très rarement roux. Les soupçons seraient certainement moins forts. D’un coup, de baguette magique, je transformai ses cheveux. De la racine aux pointes sa longe chevelure blonde devint bouclée et rousse. J’en vins alors à ses yeux. Suite à cela, J’attrapai un petit récipient à côté de l’évier. Je lui demandai sa couleur d’yeux préférés. Elle me répondit du bleu. Je sortie tout un assortiment de fleur et ajoutai du bleuet à ma mixture. Une délicieuse odeur de printemps s’en dégageait. C’était une chose fabuleuse avec les recettes de fée, c’est que leur potion avait toujours bon goût. Je lui tendis le petit bol. Ania avala sans un mot. Ses deux petites amandes bleu-azure se transformèrent en deux magnifiques globes bleus. Elle n’était déjà plus la même. Rien qu’avec des cheveux et des yeux différents, il m’était difficile de voir en elle, la jeune fille perdue et chaotique que j’avais rencontré deux mois plus tôt. En quelque coût de baguette et quelque formule, ses habits qui lui allaient à la perfection devinrent bien trop larges. Des petites tâches vinrent se parsemer sur son petit nez et ses pommettes. Ania qui était jusqu’à aujourd’hui un magnifique mannequin blonde s’était transformé en plus rousse parfaitement quelconque.

J’eue un immense sourire lorsque ma petite Ania me dit que j’étais une véritable fée. Elle ne croyait pas si bien dire. Mon tatouage n’était pas là par hasard. Non, si à l’âge de seize ans, j’avais ressenti le besoin de me marquer à vie d’ailes se n’était pas pour rien. C’était à cet âge que j’avais découvert ma condition. J’avais eu du mal à l’accepter mais heureusement pour moi, il valait mieux que cela se passe à Beauxbâtons. L’infirmière avait réussi à soigner mes brûlures. J’avais eu la mauvaise idée de vouloir goûter une citronnade. Mon père m’avait toujours interdit d’en boire, car il prétendait que je ne supportai pas le citron. En quelque sorte, il avait raison. Je me souvenais encore la sensation de chair brûlé dans ma gorge. Sur le coup, mes amis pensaient que quelqu’un y avait mis du poison et que j’étais entrain de mourir. Heureusement pour l’école, ce n’était pas le cas.

J’étais perdue dans mes souvenirs lorsque la jeune Ania me ramena à la réalité. Sa voix était cassée. Que se passait-il ? Qui était ce lui ? J’osai espérer qu’elle ne parlait pas de son Alec ? J’aurais aimé rencontrer ce jeune homme pour lui dire le fond de ma pensée. Pourtant, quelque chose en moi me disait qu’il ne s’agissait pas de lui mais d’un autre. Puis elle chassa cet homme de son esprit et réalisa qu’elle se trouvait à un croisement de chemin. À partir de maintenant, elle pouvait refaire les même erreurs ou changer. Je la regardai alors dans les yeux et lui dit de manière très sérieuse :

-Te voilà à nouveau reine de ta vie. J’espère que tu en feras bonne usage ! Une dernière chose Ania. Le sang de vampire est normalement interdit dans ma maison. Cependant, tu ne peux pas guérir en une nuit de ta dépendance. C’est pourquoi, tu trouveras une petite boîte sur ta table de nuit. Il y a des dates devant chaque pastille. Chaque jour, la dose est diminuée jusqu’à son abolition. Mais sache une chose. Je peux tout pardonner sauf le mensonge donc dit moi tout de suite si tu ne te sens pas capable d’arrêter !

Je me tus et la regardai. J’attendais patiemment sa réponse. Il est vrai que j’avais déjà débuté à tracer sa réponse. Cependant, elle avait toujours le choix.



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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Sam 11 Fév - 12:55

Le sang de vampire, ses mains serrent inconsciemment le lavabo, prise par les évènements elle avait oublié pendant quelques instants la drogue, qu’elle était une putin de droguée. Elle avait tout oublié pendant quelques temps et puis cela est revenu. Maintenant elle se souvient de tout, elle ressent à nouveau les manques, elle a besoin de ce liquide écarlate. Elle a besoin de sentir ce goût de rouille dans sa bouche. Elle a besoin de ressentir cette puissance en son être. Retournée dans le monde des couleurs, de ces si cruelles couleurs. Cependant elle sourit maladroitement, elle veut à nouveau oublier ce besoin, mais pourra-t-elle tenir ? Elle a besoin de son sang. Elle doit goûter à nouveau à ce délicieux liquide. Maintenant. Cependant elle se contente d’hocher maladroitement la tête, envoyant balader ses mèches rousses.

« - Je comprends… »

Elle comprend. Elle écoute Madeleine, elle essaiera de faire ce qu’elle voudra. Cependant elle n’ose pas avouer qu’elle a peur de replonger d’un instant à l’autre. Elle sait bien qu’il suffira d’une seule occasion, une seule raison, pour qu’elle s’y remette. Il suffit qu’on lui propose pour qu’elle replonge dans le pays des couleurs et disparaisse à tout jamais. Ce monde qu’elle cherche pourtant à fuir, ce monde qui la terrifie, mais qu’elle ne cesse jamais de rejoindre pour retrouver tous ces êtres à la fois terrifiant et merveilleux. Elle sait qu’elle ne tiendra pas, sauf qu’elle ne le montre pas. Ses doigts desserrent lentement le lavabo et elle glisse un charmant sourire. Elle reprend son masque de mensonge, elle fait croire que tout va bien alors que non, ce n’est pas vrai. Au contraire, elle sait qu’elle ne tiendra, sauf qu’elle se cache derrière ce masque. Elle ne veut pas que Madeleine se pose de questions, elle ne veut pas qu’elle ait honte d’elle. Après qu’elle ait fait tant de choses pour elle, elle ne pouvait pas la décevoir. Elle n’avait pas le droit de la décevoir.

« - Tout ira bien, je ferais ce qu’il faut. Je ne gâcherais pas ma vie cette fois-ci. »

Elle sourit. Qu’est-ce qu’elle pourra bien faire de sa vie maintenant ? Elle continue à sourire, amis son cœur n’y est pas, elle n’a pas envie de sourire, car elle se rend compte qu’elle a tout perdu. Elle avait tout et voilà que maintenant elle doit changer d’apparence, elle doit tout recommencer, dans un pays qu’elle n’aime même pas. Elle voudrait retourner en Russie. Sa belle Russie qui lui manque tant. Elle glisse une mèche rousse derrière son oreille, elle se rend compte de son erreur. Elle a tout perdu, elle doit tout recommencer.

« - Je suis un peu fatiguée, où est-ce que je pourrais me reposer ? »

Mensonge, tout cela n’est que des mensonges. Elle a quitté les bras de Morphé depuis longtemps, elle ne peut plus rejoindre les bras de son amant, elle est beaucoup trop nerveuse pour cela. Elle a juste besoin d’être… seule.



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MessageSujet: Re: Osera-t-elle ? ♦ Madeleine   Mar 21 Fév - 20:05

J’étais consciente que je lui en demandai bien trop. Pourtant, il fallait que je le fasse pour son bien. La dépendance peut être comparée à la magie noire. À partir du moment où on est rentré dedans, il est extrêmement difficile de s’en sortir. Malgré cela, certaines personnes y parviennent et je souhaitai qu’Ania en fasse partie. Les deux vous donnent le sentiment de tout maîtriser, que rien ne pourra vous atteindre. Un jour ou l’autre, on se retrouve face à la réalité du monde et on réalise que nous ne sommes pas les maîtres du monde. Ce jour là, le monde s’écroule.

Bien entendu, j’aurais pu jeter un sort à Ania afin d’ôter de son corps tout les résidus de drogues mais cela ne lui aurait pas rendu service. Cela l’aurait empêché de se prouver à elle-même qu’elle était capable de s’en sortir seule. Malheureusement, j’entendis au son de sa voix qu’elle n’était pas prête à changer. Toutefois, je ne devais pas le lui faire ressentir. Elle devait faire ses expériences. Comme Sasha me le disait toujours, il faut savoir tomber pour mieux se relever. Ania était jeune, pourtant elle avait déjà vécut bien plus que la plupart de mes connaissances. Si seulement Ania était consciente du potentiel qu’elle avait. Ania avait bien plus de ressources que ce qu’elle aurait pu s’imaginer. J’étais sûre que ma manœuvre le lui ferait réaliser.

Au fond de moi, je la comprenais bien plus que ce que j’aurais voulu. Moi aussi, je masquais mon vrai visage. Tout comme elle, je portais un déguisement. Cacher qui nous sommes réellement c’est difficile. Pour ma part, j’aurais tant souhaité pouvoir en parler aux personnes que j’aime mais qui me croirait ? Comment pourrait réagir mes amis le jour où je leur dirai : « Coucou, je me présente : Madeleine Rose Duras moitié sorcière moitié fée. Sinon comment ça va dans votre vie ? ». Non, il était impossible que qui se soit ne l’apprenne. Il était là, question de ma vie.

Cette réflexion réveilla en moi du remord. J’étais entrain de reproduire mon enfer dans la vie de ma petite Ania. Bien que se soit pour son bien, en l’espace de quelque heure, j’avais réduit son ancienne vit à un simple souvenir. Certes elle se retrouvait avec de nouvelle base mais cela signifiait également qu’elle avait perdu ses amis, sa famille et ses projets. Elle devait repartir à zéro. Ayant déjà vécut cela, je culpabilisai de lui faire vivre cela. Vint alors le moment où la jeune rouquine voulut un moment d’intimité. Elle souhaitait se reposer. Le surplus d’émotions nous avait toutes deux épuisés. Au préalable, j’avais aménagé un lit moelleux. Je regardai ma petite protégée et lui dit :

-Ma chérie, cette maison est ta maison. Comme je te l’ai dit tu as une chambre aménagé rien que pour toi. Tu peux y aller. Tu trouveras un linge sur la chaise et il y a du savon dans la salle de bain si tu souhaites prendre une douche ou un bain avant d’aller au lit.

J’accompagnai Ania jusqu’à sa nouvelle chambre et la laissa en paix. Je retournai dans le salon, m’assis sur mon canapé et respirai un grand coup tout en prenant une gorgé de thé.



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