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| | Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... [Anfisea - Sally] | |
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| Sujet: Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... [Anfisea - Sally] Lun 14 Nov - 3:26 | |
| "Et un venin parfumé coulait dans leurs veines..." Bellatrix Lestrange, Narcissa Malefoy, Pénombre Craft, Ana E. Howard, Callista E. Rosier ou encore Valériane Blackwind, la liste des vipères ayant jamais foulé les tapis du dortoir des Septième année de Serpentard, était aussi longue que la litanie de leurs méfaits. En ce lieu chargé de haine, le mal ne connaissait aucun repos. Sifflant et ondulant sous les courtepointes émeraudes, il ourdissait ses plans les plus machiavéliques, en formant et déformant des générations de succubes dont la beauté sauvage faisait ruisseler des fleuves de larmes sur le monde sorcier. Ici, au secret de l’aîle souterraine des vertes et argents, on apprenait à trahir, à manipuler, à mentir, à torturer ou à faire couler le sang. Les extérieurs choqués, racontaient avec crainte et dégoût, que dans ce pandémonium à la splendide décadence, les âmes les plus faibles étaient offertes en sacrifice à la gloire de noires aînées, dont le souvenir vivace continuait à entretenir le soleil noir de la légende des héritières de Salazard. Rumeurs que tout cela rétorquaient les septiques ! Et pourtant qui savait vraiment, la nature véritable des jeux ayant pour théâtre cette antichambre démoniaque, étrangère à la lumière du jour. Un samedi après midi parmi tant d’autres. Dans le parc orangé, des centaines d’élèves froissaient avec joie les tapis de feuilles mortes menant aux innocentes distractions de Pré au Lard. Doucement, le château apaisé sur lequel les nuages grisâtres venaient reposer leurs dos chargés de pluie, semblait s’endormir dans un silence bien mérité. Nul rires ou cavalcades légères n’étaient plus là pour briser l’austérité du labyrinthe des couloirs magiques. Partout le calme régnait en maître sur la citadelle désertée de ses bruyant habitants. Mais en coulisse, bien loin des joies faciles de la masse fuyante des innocents, deux âmes noires s’étaient unies dans l’extase d’une luxure consommée. Car à cette heure ci, le dortoir des septièmes années était vide. Et on ne pourrait imaginer écrin plus parfait à la volupté tentatrice, que toutes ces sages enfilades de lits vides, veillant majestueusement sur les étreintes licencieuses d’une poupée et d’une sirène enivrées de plaisirs. Oh oui, les deux roses d’ombres s’étaient offertes l’une à l’autre. Le temps d’une éternité soupirante et gémissante, elles avaient entrelacé leurs tiges graciles, caressé leurs pétales offertes et bu à la source des plus vénéneux nectars, pour s’enfoncer toujours plus profondément dans un gouffre charnel jamais à même de satisfaire leur quête de sensualité. Épuisée, Kaprice, laissa tendrement retomber sa tête à la chevelure défaite, sur le ventre brûlant de sa diabolique maîtresse. Les heures avaient coulé, sauvages, puissantes, instinctives, mais surtout passionnées. L'orgueilleuse héritière de la Dynastie Ashfield, avait pris plaisir à s’abandonner aux caresses de feu de sa condisciple. A tel point que sous les griffes de la plus sensuelle des tortionnaires, le monde s’était effacé, pour ne laisser plus à la sirène, que le fantasme licencieux de se sentir comme une simple marionnette de chair, offerte et miaulante, qui se livre sans résistance au bon vouloir de sa talentueuse partenaire. Anfisea, la douce Anfisea. Plus les nuits câlines s’enchainaient, et plus son mystère paraissait s’épaissir dans l’esprit de la jolie brune. Poupée, ou panthère ? Où s’arrêtait l’innocence surjouée, où commençait véritablement, la nature corruptrice ? Du bout des lèvres, la Sirène, embrassa le nombril de la Tentation incarnée partageant le lit à la toile de satin. La peau de la poupée, était chaude, tellement douce et son parfum...Un mélange de sueur, de notes fleuries, d’arômes fruités et sucrés, qui fondaient délicatement sur la langue de Kaprice. Goutter le péché, mordre dans le fruit interdit, encore et encore, pour sentir s’épanouir dans sa bouche, sur son palais et dans tout son corps, l’explosion acidulée, d’un nectar de fleur gorgé de soleil, dont les somptueuses notes finissaient immanquablement par révéler l’amertume d’une sève empoisonnée. Tout était paradoxe chez Anfisea. L’explorer, la mordiller, la violenter, se l’approprier le temps d’une après-midi languide, ne faisait que densifier la toile de question masquant la nature secrète de la vipère. A croire qu’elle s’offrait, qu’elle se donnait, pour mieux perdre dans ses anneaux lascifs, les maîtresses cherchant à la percer à jour. L’héritière Ashfield, comptait dans les rangs, de celles doutant, mais jamais sures de connaître la poupée. Ce mystère voilant l’âme d’Anfisea, était comme une parure de dentelle glissant sur un corps parfait. A la fois excitation et frustration. Envie d’arracher l’étoffe, ou au contraire d’admirer de quelle manière elle mettait en valeur l’orgueil d’une nudité esquissée mais toujours refusée. Au début Kaprice s’était amusée à se heurter à l’armure d’interrogations protégeant l’intimité psychique de sa partenaire. Mais au fil des mois la Naïade avait fini par se lasser, de ce jeu de dupe. Et si l’intensité charnelle de leurs étreintes, n'en finissait plus de croître, à mesure que les trilles de leurs fantasmes raffinés, s’entrecroisaient toujours plus densément. La colère, de ne pas savoir qui partageait réellement sa couche avait commencé à noircir le cœur de l’héritière de la lignée au blason musical. Malgré tout, cette situation instable, aurait encore pu s’équilibrer indéfiniment par la grâce des langueurs échangées, s’il n’était pas venu s’ajouter au couple vipérin l’ambiguïté de rapports partagés avec la fragile Ania Dunyasha. L’ivresse de son plaisir retombée, la belle Kaprice, sentit à nouveau s’insinuer en son âme, les tentacules noires de ses pensées aigres douces. Au fond d’elle même, la brune avait honte de sa faiblesse. Par attachement charnel, cédant à chaque fois à l’abandon de se livrer de tout cœur à son addiction à une drogue de voluptés, elle n’avait fait que repousser de nuits en nuits la confrontation à venir avec Anfisea. Mais le temps était venu...Comme pour se donner le temps de réfléchir, la septième année, à la clé de sol tatouée au creux des reins, se retourna vers sa table de nuit. Son regard glissa sans s’arrêter sur une jolie photo encadrée où elle posait aux côtés de Pride, ignora le trait de bois blanc de son élégante baguette reposant sur le plateau, pour mieux s’arrêter au troisième objet : une bouteille de vodka à moitié vide, qu’elle avait subtilisé dans la salle de réunion des Siffleurs. L’attrapant d’une main, elle déboucha le bouchon du bout de ses ongles nacrés et avala une gorgée d’alcool. Échappée du charme de ses lèvres embrassant le goulot de verre, une goutte translucide dégoulina le long de son menton pour aller s’écraser sur le ventre d’Anfisea. La Sirène s’empressa d’aller la cueillir du bout de la langue. Lorsqu’elle se redressa, elle se mit à parler : -Ma petite poupée de porcelaine...Tes charmes sont diaboliques. Je me sens mourir de plaisir entre tes doigts. Les paroles lascives, sifflèrent délicieusement dans le dortoir désert. La main de Kaprice remonta délicatement, le long d’une hanche galbée, effleura un sein, et vint doucement se poser sur la gorge satinée d’Anfisea. -Mais il est une question que je voudrais te poser jolie ange...La prise sur la gorge se ressera un peu plus. Oh rien de bien méchant. Juste un conseil tactile ou une menace voilée. Une manière de préciser, que seule la vérité comptait. -Si moi j’ai droit au démon...Quelle facette contente Ania lorsque vous jouez toutes les deux ?[J'espère que le clin d'oeil du premier paragraphe ne te dérangera pas Sea mais je n'ai pas pu résister...]
Dernière édition par Kaprice Ashfield le Mer 29 Fév - 1:03, édité 1 fois |
|  | | | Sujet: Re: Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... [Anfisea - Sally] Sam 19 Nov - 18:45 | |
|   Sally A. Prewett & Kaprice Ashefield & H. Anfsiea Black« Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... »
Etait-il possible de mourir sous des caresses enflammées ? Anfisea en doutait, mais sous les doigts de feu de sa sombre maîtresse, toutes ses certitudes éclataient les unes après les autres. Les yeux mis clos, elle respirait lentement et se laissait aller aux milles plaisirs. Soupirs et gémissements formaient une envoûtante musique dans le silence respectueux du dortoir des vipères. Les deux voluptueuses Siffleuses s’unissaient comme au premier jour, semblant se découvrir de nouveau. Kaprice était comme une drogue : une fois que l’on y avait goûté, on ne pouvait s’en passer. Ses mains magiques laissaient des traces brûlantes sur son corps de poupée et la jolie Black se sentait incapable de la moindre réflexion. Dans ces moments divins qui n’appartenaient qu’à elles, plus rien n’existait que cette explosion de saveurs et d’odeurs. Et même si cela finissait, elles ne voulaient pas le prolonger. Car elle savait qu’il y aurait toujours une suite.
Caressant distraitement les cheveux ténébreux de Kaprice, Sea reprenait doucement son souffle. Elle l’observa longuement, elle savait ce qui se tramait dans son esprit. Comme dans celui de tant d’autres. La jeune Black ne s’était jamais dévoilée entièrement, à personne. Beaucoup connaissait l’un de ses vices. Mais tous ? Jamais. Pourtant, plus d’une fois ces dernières semaines, elle avait ressentie le besoin de parler, d’exprimer son être. Se cacher paraissait parfois pesant. Alors elle se demandait si elle ne devait pas se confier. Seulement, qui serait cette personne ? A qui pourrait-elle dévoiler les infinies ténèbres qui peuplaient son âme ? Qui pourrait supporter la folie envahissante de son esprit ? Elle avait confiance en beaucoup de personnes. Mais aucune d’elles ne pouvaient convenir. Parfois, elle avait envisagé de parler à Kaprice… Et cela lui était passé. Son insaisissable maîtresse était d’un violent caractère et elle était la mieux placée pour savoir qu’elle pouvait réagir d’une manière à laquelle on ne s’attendait jamais. Alors elle se taisait. Et cela lui convenait, car elle possédait un pouvoir sur ces êtres qui l’entouraient.
Anfisea sentait plus qu’elle ne voyait les caresses de la sirène qui partageait son lit. Le regard clos, elle s’était laissée aller contre l’oreiller se satin blanc. Ces moments de silence, de lent plaisir, étaient d’une saveur esquisse. Mais ils ne duraient jamais. Ses yeux arctiques se dévoilèrent, alors qu’elle suivit les mouvements ondulants de la vipère. Une bouteille de vodka, vraiment ? Elle laissa un léger sourire venir orner ses lèvres gonflées par les baisers. Elle ne disait rien, se contentait de l’observer. Que valait donc la peine que l’imperturbable héritière Ashefield boive de l’alcool pour se donner du courage ? Car elle n’était pas dupe. Mais elle attendit, simplement. Les compliments n’y changèrent rien. Leur relation était bien au-dessus de cela, leurs corps parlaient d’eux-mêmes. Kaprice voulait quelque chose. Et cela ne tarda pas. La question suivit, tout en même temps que la main de la brune remontait lentement pour presser sa gorge avec délicatesse, mais aussi avec force. Une menace voilée d’une caresse.
La sombre blonde posa son regard de glace dans celui de son envoûtante maîtresse. Elle ne parlait pas, mais sourit. Un sourire qu’on ne pouvait déterminer. Froid ; ironique ; cynique ; amusé ? Probablement ce dernier. Elle monta sa main pour venir l’apposer sur celle qui enserrait son cou. Tout paraissait figé, endormi. Pourtant, d’un mouvement vif, Sea enfonça ses longs ongles dans la peau doré, avant de retirer violemment la main de son corps. Puis, se redressant vivement, elle fit basculer Kaprice sous elle pour se retrouver à califourchon sur son corps de nymphe. De sa main gauche, elle tenait les deux poignets de la vipère qu’elle avait plaqués au-dessus de sa tête. Elle se moquait du fait que le drap avait glissé ou qu’elle se retrouvait désormais nue dans le dortoir des Vertes & Argents. Son regard ardent était fixé dans celui de la jeune impétueuse. Elle se pencha doucement, jusqu’à venir effleurer ses lèvres. Kaprice… Ma jolie Kaprice… Ne t’a-t-on jamais appris que poser des questions indiscrètes était malpolie ? Elle se redressa, rejetant quelques mèches de cheveux rebelles de sa main droite. Elle ne souriait plus. Ania était une fragile princesse qu’elle se devait de protéger. Elle l’aimait, d’un amour que seules connaissant les réelles amies. Elle se doutait bien évidemment que Kaprice avait des vues sur la jolie Dunyasha. Mais qu’elle vienne le lui en parler directement, déguisé sous quelques mots. « Jouer » avec Ania ? Quelle sombre idée. Mais cela semblait être une habitude de la déesse. Elle ne pouvait laisser passer cela. Je ne « joue » pas avec Ania. Elle est mon amie. Mot qui peut te paraître aux consonances étranges, mais qui existe bel et bien dans notre délicieuse langue. C’est une fragile princesse… Et je dois dire Kaprice, que la simple idée que tu puisses « jouer » avec Ania, me donne des envies de… Mort. Elle avait murmuré le dernier mot, avant de se pencher délicatement vers la jeune femme qui lui faisait face. Elle l’embrassa doucement, comme on le ferait avec un enfant. Mais elle voulait plus. Alors, d’une dent immaculée, elle entailla la lèvre inférieure de sa maîtresse qui s’ouvrit légèrement, mais suffisamment pour que quelques gouttes de sang viennent poindre. Des gouttes écarlates que Sea lécha avec délice. Tu es comme ma drogue Kaprice… Me passer de toi serait identique à me passer d’eau. Pourtant, si tu oses encore une seule fois sous-entendre que je puisse violenter Ania, comme tu sembles en avoir l’habitude, je peux te jurer que tu ne seras alors plus qu’un lointain souvenir. Elle lui caressa tendrement le visage, puis laissa sa main glisser sur son corps, dessinant les courbes de son être.
Dernière édition par H. Anfisea Black le Mer 30 Nov - 14:50, édité 1 fois |
|  | | Lapin V.I.P. Ecrits: 134 Age irl: 16 Dragés surprises: 63
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| Sujet: Re: Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... [Anfisea - Sally] Ven 25 Nov - 20:01 | |
| Une goutte vermeille coula le long du menton de la Princesse. Son index l'essuya gracieusement avant de la porter à ses lèvres. Un sourire mauvais courba sa bouche à la moue enfantine. Sally reposa la fiole de cristal parfait sur la commode de bois d'ébène de la salle de Siffleurs vide. Coûteuse, la substance qu'elle venait d'ingurgiter, ce venin parfumé qui coulait désormais dans ses veines, était réservé à l'élite, aux héritiers. Le sang de vampire provoqua un frisson délicieux au creux de ses reins pour remonter langoureusement le long de son épine dorsale. Jouer avec ses sens et ses perceptions, la Vipère sortit ses crocs pour gouter à la drogue puissante. Sa vision devint plus nette, les couleurs plus saturées, les contrastes plus saisissants. Un sifflement entêtant glissait près de ses oreilles, étouffant les bruit du monde. Elle était bien, heureuse, errant dans un monde iréel. Tout bougeait au ralentit autour d'elle comme si le monde était devenu mélasse lorsque le poison délicat s'était mêlé à son sang. La fine laine émeraude sombre de son gilet, seul vêtement qu'elle portait hormis un pantalon de cuir mat, découvrait son décolleté de bronze aux dessins artériels visibles et bleutés. La dentelle noire de son soutient-gorge dépassait très légèrement mais était des plus visible grâce au liseré satiné céladon. Princesse inatteignable et violente, Sally ne craignait les risques normalement encourus par une femme en cette tenue. Son esprit était certes flottant dans une ouate bien heureuse mais ses réflexes demeuraient inchangés. Les chimères de son esprit renvoyaient des paysages inconnus du Château. La poupée de cire finit par rester immobile lorsqu'un battement d'ailes s'amplifia et se retourna mécaniquement pour voir un majestueux volatile aux plumes parfaitement d'encre. Héroïne blanche et délicate, la Vipère tendit le bras en perchoir de fortune et décacheta la lettre de son sceaux officiel. L'entête portait cette inscription triturée à l'encre noir : « Mlle Sally Ada Prewett. Poudlard. Courrier confidentiel. »| Citation: | Mlle Prewett,
En vigueur de l'article 1842.2, vous êtes convoquée le samedi XVI novembre 2001 à 14h43 au Ministère de la Magie dans le département de Contrôle des civils pour être soumise à l'évaluation d'allégeance au Seigneur des Ténèbres. Veuillez vous présenter une demi-heure à l'avance en possession de vos papiers officiels ainsi que de votre baguette qui sera soumise à un examen pour détecter toutes fraudes possibles.
Bien à vous, Miléna Hokwyld, secrétaire au bureau du Recensement et du Contrôle des civils |
La demoiselle congédia l'oiseau d'un mouvement sec de la main. Devoir être jugée, devoir s'abaisser à prouver son appartenance à la caste dirigeante et digne de confiance. La drogue dure pulsant dans ses veines, Sally froissa avec application le parchemin puis le glissa dans sa poche arrière. Elle, héritière d'une branche tout de même importante d'une famille ayant vu mourir une tranche de l'Histoire, âgée de mille ans et paraissant pourtant seulement dix-sept au regard de la convocation... La Vipère inspira calmement, un spasme agitant ses longs doigts manucurés de pourpre. Ses foulées dansantes la menèrent bien vite aux soupiraux serpentins. Les hauts talons d'un vernis sapin martelaient avec fureur le sol d'un rythme régulier tandis que ses paumes effleuraient avec délicatesse les pierres polies par les ans. Un murmure, une voix, perça le silence irréel qui l'entourait. Mort. Ce mot résonna tendit qu'elle posait sa main sur la poignée d'argent de son dortoir. Kaprice était là, elle le sentait et son pressentiment fut juste lorsque la voix d'Anfisea prononça le nom de son âme damnée. Sally haussa un sourcil amusé en entendant les menaces proféré de la jeune Black à l'encontre de sa jumelle de vice et elle ouvrit la porte. « Des menaces ? »Son ton railleur et ironique s'accordaient avec sa moue méprisante et supérieure. La faire chanter, la menacer, la Vipère en avait le pouvoir en connaissant les secrets inavouables de Harmonie. Celle-ci n'avait aucune emprise sur elle, c'était ce dont elle se persuadait. Elle ne possédait pas de tares, pas de vices cachés, rien... Excepté Edmund. Son amant qu'elle ne pouvait que haïr était son secret le mieux gardé. Même la sulfureuse Kaprice n'avait ouïe des nuits blanche que l'héritière Prewett avait passé avec celui des Summer. Leur relation est une boîte de Pandore que Sally s'évertuait à sceller chaque jour en humiliant le Gryffondor. Personne ne pourrait découvrir ce défaut. La poupée de porcelaine coula ses écailles jusqu'à sa couche et déposa la lettre. « Je vous en pris, ne vous arrêtez pas pour moi... Après tout nous nous connaissons chacune intimement. »Amantes, les Vipères l'avaient été avec presque tout le Château. La demoiselle des Phénix s'allongea sur ses draps de satin frais, son gilet désormais gisant à terre et avec une pudeur feinte se redressa sur ses avants-bras, cachant d'une de ses mains le nœud de soie sauvage crème qui ornait son entre-bonnet. « Fait attention à tes menaces Anfisea... Ne choisit pas un chemin que tu risquerais de regretter. »Son sourire dût à la drogue se fit enjôleur tandis que ses paupières au khôl nuit s'abaissèrent pour ne laisser qu'une mince fente sur ses pupilles visiblement dilatées. Le venin parfumé coulait dans ses veines. Et elle aimait cette sensation de combustion intérieure. |
|  | | | Sujet: Re: Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... [Anfisea - Sally] Ven 2 Déc - 1:50 | |
| Oh langoureuse rivière de perles écarlate, glissant sur la main blessée de Kaprice, pour tacher l’oreiller d’un rouge damné, et languide. La jeune femme immobilisée, emprisonnée sous le corps brûlant d’Anfisea, poussa un gémissement. Les lèvres mi-closes, sur une tiède supplique, elle ne put retenir un délicieux spasme qui la fit se cambrer, pour venir se presser plus intimement contre la nudité satinée de la Succube. De tout son être, la jolie brune réclamait «un encore», elle voulait que la poupée la pique à nouveau de ses épines, elle désirait de toute son âme, à se perdre et se pervertir éternellement, dans les étreintes empoisonnées des voluptés vénéneuse de la rose noire, bruissant et ondulant dans son lit. La raison de la Sirène, lui ordonnait de résister, de ne pas céder à cet exquis fantasme de douleur, la noyant toute entière pour mieux la transformer en simple jouet de chair, ronronnant, sous la prise sensuelle de sa tortionnaire. Mais ses pulsions, se rebellaient, l'obnubilaient, ne demandant qu’une chose, oublier Ania et les faibles menaces, pour mieux se perdre et s’enfoncer toujours plus profondément, dans le brasier des folles colères de l’héritière Black.
Étrange ivresse que celle de se sentir entièrement à la merci de quelqu’un. Les bras maintenus derrière sa tête, le corps tendu, arqué, tout offert aux caresses et frôlements, de la danse d’intimidation d’Anfisea, Kaprice se gorgeait jusqu’à la folie de la moindre étincelle de plaisir que la belle ténébreuse pouvait lui offrir. Comment refuser une menace offerte d’un baiser ? Quelle importance avait vraiment Ania dans la balance, d’un tel désir, seulement opposé au simple orgueil de posséder pour elle seule la fragile blonde ? L’héritière Ashfield, à la clée de sol tatouée au creux des reins, se sentait faible, simple proie prisonnière de la toile Black, et elle adorait cette sensation. «Oui chérie, garde Ania, mais je t’en supplie, continue, poursuis, brise moi, détruit moi...Consume moi au feu du brasier de ta violence». Ténébreux pouvoir charnel, que celui de la poupée au coeur pourri, qui à force de jouer de la séduction de son corps, parvenait à dompter les âmes les plus ombrageuse, plus sûrement que la puissance brute et instinctive de la Naïade offerte.
Les arômes du danger suintant en bouquet fleuri, entêtant, envoûtant, des souplesses dominant la pianiste, étaient irrésistibles. Si le mal devait avoir une odeur, si satan devait être mis en flacon, alors nul doute, qu’il aurait le même parfum. Un élixir érotique, distillé dans le cornet d’une après midi d’amour, pour une fois le bouchon de cristal retiré libérer des volutes féminines, florales, subtilement épicées, qui font penser à la senteur mêlée, de l’opium et d’un capiteux bouquet de rose, qui se ferme à la rosée du soir. On ne pouvait résister, on en devenait esclave, vendant son âme, pour une respiration, avec l’envie démente de coller ses délicates narines à la peau de la mystérieuse septième année, pour la respirer encore et encore jusqu’à en mourir.
-Tu n’as pas d’amies Anfisea. Tu n’as que des victimes, des poupées que tu t’amuse à tordre et briser...
Le murmure était sorti tout seul, aveu inconscient, pensées exhalées dans un soupir faisant écho à la seconde tirade d’Anfisea.
-...pour ton bon plaisir...
Plaisir, pour résonner avec mort. Cette étrange menace, que la descendante Black, fit éclore d’une morsure charmante sur les lèvres de Kaprice. En des temps ordinaires, l’héritière Ashfield, aurait répondu à pareil avertissement en triomphant par la douleur et la violence. Mais elle qui avait trop de noblesse pour oublier un affront, ne put rien faire de plus, que trembler et frissonner comme une feuille, tout ses membres tendus et délicieusement contractés, lorsque la langue humide, brûlante, incroyablement féline, de sa ténébreuse maîtresse, vint boire le sang à même le calice de sa bouche offerte. Pacte diabolique, esclave vampirique, se donnant en cadeau à la créature hypnotique partageant sa couche, Kaprice sentit son âme se dissoudre, se rétracter et mourir sous le luxurieux contact. Petite oiselle vaincue par les ondulations hypnotiques du cobra s’apprétant à la dévorer, la pianiste ne cherchait plus à résister ou à se débattre. Elle avait lâché prise, quémandent et réclamant une nouvelle étreinte, une nouvelle morsure, sans plus se soucier de ne pas avoir obtenu satisfaction au sujet du partage de la jolie Ania.
Mais Anfisea, n’eu pas loisir d’exploiter sa victoire. Une porte qui s’ouvrit et qui claqua, des talons qui glissèrent sur les dalles froides entre les lits, et le charme fut rompu par l’apparition de la délicieuse Sally, soeur jumelle, noire et retorse de Kaprice. Âme damnée, désirée et estimée...
* * *
Une semaine en arrière :
Oh brumeux mois de Septembre sur l’Ecosse, les volutes blanchâtres et tourbillonnantes s’étaient insidieusement emparées du mignon village de Pré au Lard. Comme une marée silencieuse et éthérée, les vagues cotonneuses, humides et vaporeuses, ruisselaient dans les ruelles tortueuses, collant au pavé et noyant les toits d’ardoises. Dans cet océan silencieux, on se sentait englouti, perdu, aveuglé. Les yeux fatigués peinaient à percer l’opacité d’un monde fantomatique, presque éthéré, où les plus innocentes silhouettes prenaient soudain l’apparence d’une armée de spectres grotesque. Rares étaient les courageux ou imprudent étudiants de Poudlard à avoir osé profiter de leur permission de sortie hebdomadaire en cette lugubre fin d’après-midi. Du coup, les avenues aux enseignes colorées d’ordinaire si joyeuse, peuplées de cris et de rires émerveillés, sommeillaient dangereusement, dans leurs draps ouatés, seulement secouées parfois, par des ombres fugace qui apparaissaient et disparaissaient à la vitesse d’un soupir.
Le petit Calvin, mignon Pousouffle de troisième année était du nombre des plus hardis. Pour rien au monde, ce gamin bravache au caractère bien trempé, n’aurait raté sa sortie à Pré au Lard. Il faut dire, que l’atmosphère pesante du château, emprisonné depuis maintenant quatre ans, sous la garde inquiétante de la nouvelle Direction et de ses sbires siffleurs, ne donnait en rien envie de s’y attarder plus que nécessaire. Pour un cœur aussi pur, aussi dynamique, que celui du jeune garçon se pressant dans le labyrinthe des ruelles désertes, toutes les occasions de s’évader, de goûter à un peu de liberté, étaient bonnes à prendre. Même si cela impliquait de devoir se perdre dans le dédale oppressant, d’un bourg transformé en village fantôme le temps d’une brumeuse après-midi de Septembre. Mais l’enfant n’avait pas peur, il exultait, très fier de son courage, de sa détermination...et de son nouvel achat, un gros sachet de bonbons qu’il tenait précieusement sous son bras.
Alors le chemin pour rentrer à Poudlard c’était à gauche après les Trois Balais ? Ou peut être à droite, en passant devant la maison aux géranium ? Par les bourses bien pendantes de Merlin, toutes les rues se ressemblaient dans la brume. Ah oui, ça y est il se rappelait. Il lui suffisait de dépasser l’abreuvoir à Sombral en forme de cercueil, de prendre le raccourci de la Ruelle Sans Nom, pour retomber comme par Magie, sur l’avenue centrale. Facile à dire, beaucoup moins à repérer dans le labyrinthe blanc. Désorienté Calvin s’arrêta, rabattit cette maudit capuche qui lui gênait les yeux, et cherchant à percer le néant se mit à tourner sur lui même. Il était tout seul, fragile silhouette solitaire, perdue dans les ombres impressionnantes et illusoires, des bâtiments déformés par le mauvais temps. Sous un porche, un petit chat gris - ou était ce le fantôme d’un chat gris ? - miaula brièvement, avant de détaler à toutes jambes, et de se fondre, dans le décor. Le Poufsouffle frissonna et souffla dans ses doigts. Que disait Maman déjà ? Hum, quand ça ne va pas, un bout de chocolat et tout repart ! Et pour le coup il était chanceux, des chocogrenouilles il en avait un bon kilos dans son sac en papier. Les doigts rendus avides par la gourmandise, il plongea la main dans le sachet à la recherche de son remède miracle.
Mais le petit bonhomme eu à peine le temps de sortir sa friandise, qu’un frôlement le fit sursauter. Là où il y avait peine quelques secondes, la rue - du peu qu’il pouvait en voir - demeurait encore parfaitement vide, une ombre se tenait maintenant bien droite sur les pavés. Voilà de quoi avoir la peur de sa vie. La silhouette féminine, était auréolée de brume. Les volutes lascives, jouaient avec ses cheveux, s’enroulaient autour de sa poitrine gaînée par un corset de velours noir, pour mieux ruisseler en filaments cristallins, le long de sa grande et splendide robe aussi sombre que satinée. Le coeur emballé, l’enfant se recula de quelques pas, le chocolat toujours à la main. Puis prenant son courage à deux mains (après tout étrangère ne devait être qu’une femme ou au pire un fantôme pas de quoi s’inquiéter n’est ce pas ?) il articula distinctement :
-Bonjour, je cherche la route de Poudlard.
La jeune femme qui barrait la rue, ne bougea pas. Mutique et mystérieuse, elle paraissait le regarder. Sans le vouloir l’enfant desserra les doigts sur sa friandise, et la chocogrenouille soudain libérée, s’enfuit en croassant sur les pavés. Le temps qu’il relève les yeux, pour chercher l’ombre, cette dernière avait disparu. Le brouillard était partout, bruissant et craquant, spongieux et tentaculaire. Dans le lointain une enseigne de fer forgée, grinçait lugubrement sur ses chaînes rouillées. Calvin frissonna. Un bruissement le fit sursauter. La même jeune femme, à la robe majestueuse et victorienne était maintenant derrière lui. Toujours immobile et silencieuse. Notre Poufsouffle était courageux mais pas téméraire. Aussi prenant ses jambes à son cou, et le sachet de bonbons toujours serré contre sa poitrine, il s’engouffra dans une petite allée qui paraissait lui ouvrir les bras.
Plus tard, il aurait tout loisir de regretter cette impulsive décision, mais pour l’instant il ne pensait qu’à s’éloigner le plus vite possible de l’apparition. La ruelle dans laquelle il progressait, était encore plus lugubre que le reste du village. Les pavés glissant, recouvert de feuille mortes, traçaient un brumeux chemin, entre des arrières cours envahies de broussailles et d’arbres fantomatiques, et de grande maisons, aux façades aveugles et sinistres. Plusieurs chats, se glissèrent entre ses jambes, le faisant à chaque fois un peu plus sursauter. Perché sur un lampadaire ouvragé luisant faiblement dans la pénombre, un corbeau poussa un long cri rauque, qui arracha un frisson glacé à Calvin. Derrière du brouillard, devant du brouillard. C’était comme si le monde, se créait et se refermait sur son passage. Le gamin accéléra encore le pas, sa baguette fermement serrée entre ses doigts pour se donner du courage. Vite, vite, vite, il voulait rentrer au château...
-Tu es perdu chéri ?
Sous le coup de la surprise, Calvin crut bien défaillir. Son sac de bonbon s’écrasa violemment à ses pieds, en répandent tout son précieux contenu. La baguette tremblant convulsivement au bout de son bras, il se tourna vers l’angle d’où s’était échappée la voix féminine et moqueuse. Il lui fallut de longues secondes avant de repérer une grande et svelte jeune femme négligemment appuyée contre la muraille. Comme pour mieux se fondre dans le mauvais temps ambiant, elle n’était vêtue que du blanc le plus pur. Des bottes talonnées, au maquillage, en passant par son grand caban au col relevé sur sa nuque, ce n’était que tons neigeux et polaires. Par un effort de mémoire, le gamin réussit à mettre un souvenir sur son gracieux visage. Il l’avait déjà croisé plusieurs fois dans les couloirs de l’Ecole. Elle faisait partie d’une clique de septième année de serpentard, qui très fières de leur sang-pur, se permettaient de se livrer aux pires exactions, sur les malheureux innocents ayant le malheur de tomber entre leurs griffes raffinées.
-Tsss, tsss, tsss...Il est très irrespectueux de pointer sa baguette sur une fille...
Avec vivacité, Kaprice dégaina sa propre baguette et d’un sortilège informulé désarma l’enfant. Le petit trait de bois, s’envola dans le brouillard. Tout en se retournant pour suivre sa trajectoire - et dans l’espoir de le récupérer - Calvin, eu la mauvaise surprise, de le voir atterrir paisiblement, dans la main de la mystérieuse jeune femme tout de noir vêtue, qui se tenait maintenant dans son dos. Fait comme un rat. Comme pour mieux souligner l’ironie de la pathétique situation, plusieurs chats firent résonner sur les toits et dans les jardins leurs miaulement moqueurs, ce qui n’eu pour d’autre effet, que de faire claquer un peu plus des dents au garçon. La Siffleuse en blanc, s’approcha en ondulant, les notes discrètes de son parfum se mêlant subtilement à la bruine ambiante. Du bout des doigts elle caressa la joue du troisième année frigorifié.
-Chut petit sang de bourbe n’ai pas peur...Nous allons bien nous occuper de toi.
Le gamin, terrorisé, désorienté, tournait la tête, devant, derrière, ne sachant plus qui surveiller. La serpentarde en blanc, ou la serpentarde en noire ? Laquelle allait frapper la première ? Oh par Merlin, s’il avait su, il serait resté à Poudlard bien sagement assis dans la bibliothèque, à réviser son examen de Magie Noire théorique. Un peu tard, le Poufsouffle se fit l’amère promesse, que ce serait vraiment la dernière fois qu’il prendrait le risque de sortir à Pré au Lard. Plus jamais, il ne céderait aussi facilement au péché de gourmandise. La Siffleuse à la belle robe victorienne l’extirpa de ses pensées en demandant d’une voix mélodieuse :
-Tu es bien Calvin Hobb ? Le frère Stan Hobb, en septième année de Gryffondor ?
Le garçon acquiesça silencieusement. Les deux jeunes femmes se regardèrent en souriant. Complices. Celle en noir, poursuivit :
-Cela fait une heure que nous te cherchions. Nous aimerions que tu transmette un message à ton rebelle de grand fère.
Alors ce n’était que ça ? Un simple message ? Calvin se rassura un peu, s’accrochant au frêle espoir de ne pas être la victime du jour.
-Oui un message tout simple de la part des Siffleurs...
C’était la septième année en blanc qui venait de reprendre. Tout en parlant, elle sortit deux gants de soie de l’intérieur de son caban, qu’elle enfila sur ses mains gracieuses. Elle enchaina :
-Et pour être sur que tu ne l’oublie pas...
Sans prévenir la beauté à la robe victorienne attrapa le bras de l’enfant et remonta sa manche, révélant une peau pâle au fin duvet roux herrissé tant sous l’effet du froid que de la peur. Ce fut elle qui murmura doucement à l’oreille du petit bonhomme tétanisé :
-Nous allons te le graver sur le bras...
Un sourire sur les lèvres, mais ses paupières plissées par le mépris, Kaprice appuya la pointe de sa baguette de bois de rose, sur le bras du gamin.
-Attention Sally, ça va un peu gicler...
(...)
Calvin passa les trois plus longues minutes de son existence, à hurler et sangloter comme un damné, à mesure que Kaprice gravait dans ses chairs tendres et innocentes un sanglant message de menace. Pauvre gosse, son bras n’était pas très grand, et la siffleuse avait toujours eu une propension à un lyrisme complexe et surchargé. Néanmoins, sur un dernier et douloureux point final, le supplice s’arrêta enfin. De son gant maintenant devenu pourpre, la Serpentarde en blanc tapota la joue de l’enfant.
-Ca y est Calvin, c’est fini. Tu as été un brave garçon. Je suis sur que ton grand frère sera très fier de toi
Un silence haché de sanglots.
-Cela te convient comme ça Sally ? Ou tu veux rajouter un post scriptum sur son autre bras ?
Calvin se retourna craintivement vers la Serpentarde noire qui l'observait avec un flegme mêlé de réflexion. Il se sentit mourir lorsque la jeune femme sourit cruellement et remonta délicatement l'autre manche malgré ses effort pour l'en empêcher :
- "Avec nos salutations les plus sincères", dicta-t-elle à Kaprice, Es-tu sûre que je dois tenir le bras ? Je vais finir par me tâcher vu comme il tremble.
* * *
En entendant le ton railleur et mélodieux de Sally, Kaprice tourna la tête, s’arrachant avec difficulté au vertige de contempler l’abysse dans le regard d’Anfisea. Charmante ironie du sort, alors que le château avait été déserté de ses plus tapageurs éléments partis courir les joies faciles de Pré au Lard, la Trinité noire de Serpentard, était regroupée dans le même dortoir. Trois vipères unies par le même amour de la décadence et de la perversion. Trois âmes damnées, dont les sifflements lascifs, s’unissaient dans l’obscurité de leur antichambre démoniaque. Si la Sirène et la Poupée étaient connues, pour leur passion du sang et de la violence, leur besoin sans limite de chaque jour rajouter une pierre au temple de leur débauche assumée et revendiquée, la jolie héritière Prewett, était plus crainte pour ses talents de manipulatrice, son don de marionnettiste, les mains toujours propres, mais l’âme aussi vénéneuse que celles de ses condisciples ondulant sur le lit défait.
A l’opposé de son union charnelle et sensuelle avec Anfisea, Kaprice partageait une complicité psychique, presque fraternelle, avec Sally, sa jumelle obscure et sa camarade de débauche. Les deux Siffleuses n’étaient que les faces partagées et semblable d’une même médaille taillée dans l’ébène le plus pur, à la gloire de leurs ambitions liées. De toutes les personnes évoluant dans les complexes cercles relationnels de l’héritière Ashfield, la beauté victorienne, était la plus digne de confiance. Bien sur qu’elles se connaissaient intimement, comme le déclara de manière provocante la sensuelle vipère allanguie à l’écart. Si le corps de la pianiste n’avait plus aucun secret, pour sa maîtresse adorée, son âme elle était un livre ouvert, dans lequel la descendante Prewett était à même de lire chaque ligne, de partager chaque états et de fouiller chaque secret. Reflet damné, seconde tête d’une hydre serpentine et bicéphale, la nouvelle venue dans la pièce, depuis sept ans, qu’elle vivait aux côtés de la sulfureuse Sirène, était presque devenue une partie d’elle même, aussi indispensable qu’un troisième oeil ou qu’une main armée.
Avec intérêt, et plus pour essayer de fixer son attention sur autre chose que l’emprise sensuelle de la jeune Black, la Naïade suivit du regard les différentes évolutions de sa soeur damnée. Elle l’observa se dévêtir avec légèreté, offrir à un public brûlant toutes les splendeurs d’une nudité à peine voilée, que Kaprice n’avait eu le plaisir de ne sentir se couler entre ses bras, qu’une seule fois. Une simple nuit, pour s’apprendre et se découvrir. Une manière de s’offrir l’une à l’autre, en gage de confiance, pour sceller du bout des lèvres un pacte de soutient mutuel et absolu. Sally était une amie, Anfisea une maîtresse. Mais dans l’obscurité, dansante du dortoir à peine éclairé par les reflets verts de chandelle dansant sur leurs appliques murales, toutes ses considérations semblèrent se brouiller, et se mêler. Pour ne laisser plus à l’héritière Ashfield encore sous le coup du brasier allumé en son bas ventre par la Succube, que l’envie de plonger toujours plus loin, toujours plus profondément dans les ténèbres de ce jardin secret aux multiples allées, pavées de pétales vénéneuses déposées là par des générations de vipères toutes plus corruptrices les unes que les autres.
La lèvre en sang, le goût d’Anfisea encore sur l’haleine, Kaprice écouta la Succube livrer son coup d’estoc. Le charme rompu par l’entrée impromptue de Sally, l’attaque porta et l’héritière la subit de plein fouet avec colère. Comment pouvait on ne serait ce qu’oser se livrer à pareille chantage ? Obéis, ou oublie moi...Ce n’était plus un jeu délicieux, une simple parade érotique de domination-soumission, la joute sensuelle se transformait en véritable querelle, dont les enjeux n’était pas tellement Ania, que de se mesurer entre deux instincts farouches, pour déterminer, laquelle des deux prendrait le pas sur l’autre. Et dans ce combat, dans ce duel contre l’inquiétante et mystérieuse Anfisea, l’héritière Ashfield se sentait renforcée, aidée par la présence de Sally. Si c’était folie que de chercher à se confronter frontalement en solitaire à la froide cruauté de la jeune Black, cela en devenait presque plaisant si le nombre venait à inverser le rapport des forces supposées.
La sensation de la main tiède d’Anfisea explorant ses charmes, éveilla totalement Kaprice. Caline, ronronnante, la grande brune forçant sur la prise unique maintenant ses bras encore derrière sa tête, se redressa pour enfouir son visage dans le cou d’Anfisea. De sa bouche blessée, elle embrassa plusieurs fois la gorge palpitante, prenant plaisir, à voir s’imprimer sur la peau pâle, l’empreinte sanglante de sa lèvre blessée. Sa langue mutine et joueuse, vint titiller délicatement l’encolure gracile, alors qu’arquée, elle se pressait contre le corps la dominant.
-Tu oserais m’oublier, me repousser pour quelques mots...Alors que je te veux Anfisea ? Tu serais folle de te livrer à pareil caprice avec moi.
D’une brusque torsion des épaules, l'héritière Ashfield, dégagea soudain un bras de l’étau des doigts de la Succube. La main libérée, délicieuse araignée, aux ongles nacrés de blanc, se referma avec autorité sur le bas visage de la poupée, qu’elle attira avec violence contre son visage. Sans même se soucier des regards que pouvait leur lancer Sally, la Sirène embrassa sauvagement, les lèvres menaçantes. De sa langue elle chercha à pénétrer et forcer la bouche prisonnière, sa blessure ruisselante, donnant un goût de sang, à l’odieux baiser. Adieu la passivité soumise, dont avait fait preuve la Sirène sous les caresses, elle n’était plus qu’intransigeance, s’appropriant par la force, ce qu’on avait menacé de lui ôter.
Essouflée, furieuse, elle lança en rompant l’étreinte :
-Ne me menace plus jamais tu m’entends. Je ne suis pas celle que tu peux repousser.
Par deux fois, sa main se fit tendre et câline pour effleurer la joue veloutée de la poupée. A la troisième elle attaqua toutes griffes sorties. Cinq balafres, fines, écarlates et douloureuses vinrent marquer le marbre de l’adorable figure de sa maîtresse là où les ongles avaient glissés et tranchés. De colère, de dépit, de peur, Kaprice aurait été prête à défigurer sa maîtresse. Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas supporter l’idée, que la fragile Ania puisse se glisser entre elles, menaçant jusqu’à la pérennité d’une relation à laquelle l’héritière était dépendante comme de la plus puissante des drogues. En posant la première, la question de savoir à quel point la jeune russe pouvait compter pour la Succube, jamais la pianiste n’aurait pu imaginer la profondeur de l’abysse d’inquiétude que les divers réponses allaient bientôt creuser. La Naïade était tout simplement terrifiée à l’idée de perdre Anfisea.
Détournant le regard, pour cacher son trouble et dissimuler le tourbillon de ses pulsions contradictoires, Kaprice posa ses yeux fauves, sur la jolie Sally :
- Sally, ma chérie, puisqu’il est hors de question que nous nous arrêtions...Ne sois pas timide, viens nous rejoindre. Montrons à Anfisea, ce qu’il en coûte de faire siffler ses menaces pour défendre sa chère et tendre Ania.
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|  | | | Sujet: Re: Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... [Anfisea - Sally] Sam 3 Déc - 12:37 | |
|   Sally A. Prewett & Kaprice Ashefield & H. Anfsiea Black« Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... »
Dominatrice, elle était devenue dominée. De son glacial regard vide, elle observait chaque geste, chaque parole. Son corps se mouvait selon les ordres de sa maîtresse. Elle ne réagissait pas, ne disait rien. Et si sa chair était bien présente, son esprit quant à lui flottait comme une ombre au-dessus des deux statues d’albâtre. Tout cela l’amusait, c’était bien le mot. Une personne normale aurait été effrayée. Mais qui pouvait simplement ne serait-ce que soupçonner la folie qui habitait le corps de la poupée blonde ? L’attractivité qu’elle exerçait sur Kaprice était bien trop intense pour qu’elle ne songe à la briser d’un seul mot. Anfisea laissait la Sirène s’exprimer, le plaisir charnel dans lequel elle s’enfonçait la laissant elle-même silencieuse. Qu’elle parle, mais qu’elle continue d’onduler sous elle. Tous ses sens en éveille, elle frissonnait d’un puissant désir. Pourquoi l’héritière Ashfield avait-elle donc évoqué Ania ? Elles deux, centre et vie de leur monde n’était-ce pas suffisant ? Elle ferma les yeux lentement, retint de justesse un gémissement. Dominée, elle pouvait l’être, mais soumise il en était hors de question. Pourtant, elle aussi avait des limites quand il s’agissait de Kaprice. Elle allait réclamer un baiser quand Sally brisa l’instant de rêve.
Sea observa la nouvelle venue déambuler jusqu’à son lit et se dévêtir lentement. Elle savoura au plaisir le corps qui lui était donné de voir, et qu’elle pouvait retracer les yeux fermés. Un an, une seule petite année, mais Sally n’avait pas changé. Altière, féline, belle à s’en damner. Le dessin de ces trois vipères, de ces trois corps dans leur intense nudité, aurait pu être un tableau d’artiste, une œuvre éternelle. Ce furent le baiser passionné et les lames de feu sur sa joue qui la ramenèrent à la réalité. Portant une main délicate à ses lèvres, elle la fit glisser doucement jusqu’à sa joue, recueillant avec parcimonie le sang qui dévalait tranquillement le nacre de sa peau. Elle porta ses doigts à ses lèvres, goût exquis que ce liquide carmin. Son expression vide ne l’avait pas quittée, mais un éclair d’envie traversa l’arctique de ses yeux. Ces cinq griffures représentaient son appartenance à la noble Ashfield. Les paroles de Sally ne retentirent pas jusqu’à elle, tant elle était focalisée sur le regard obsidienne et envoûtant de sa maîtresse. Kaprice parla. Encore. Seulement, cette fois-ci, sa dernière phrase la fit réagir. Elle éclata de rire. D’un rire cristallin et pur, mais dans lequel tintaient des gouttes de folie. Ses relevés sur ses canines, elle tourna doucereusement la tête vers la troisième vipère. Ecoutes Kaprice et rejoins-nous ma chérie. La volupté de nos corps unis, nous la connaissons toutes. De telles nuits de plaisir ne s’oublient jamais, Sally… Nos lèvres sont faites pour s’aimer. Ainsi, elle sous-entendait les nombreuses rencontres charnelles de la Poupée et de la Naïade. Kaprice était-elle au courant que sa jumelle et sa maîtresse s’étaient unies lors d’une multitude de nuits ? Anfisea en jouait, elle n’était pas dupe. C’était bien la peur de la perdre au profit d’Ania qui s’était profilée dans la voix de la brune. Ce n’était plus simplement une demande, mais un affrontement. La jeune Ashfield voulait la posséder, au-delà de toutes normes humaines. La menace qui n’était pas voilée dans les paroles de la Sirène n’ébranla aucunement Sea. Elle savait voir derrière tous ces mots, car c’était leurs corps qui s’exprimaient.
La blonde relâcha entièrement son emprise sur sa noire maîtresse, pour fondre sauvagement sur la bouche pulpeuse qui lui faisait face. C’était une lutte engagée entre deux intenses esprits. Une lutte que personne ne remporta, ce fut le manque d’air qui les obligea à se séparer. Pourtant la passion qui brûlait leurs corps s’apprêtait à les consumer. Mais il manquait un ingrédient essentiel. Glissant gracieusement aux côtés de Kaprice, Sea posa sa tête sur sa poitrine, tout en laissant sa main dessiner de mystérieuses arabesques sur le ventre ferme de sa maîtresse. Puis elle coula son regard de glace enflammé par le désir sir la sombre silhouette de la Prewett. Il ne manque que toi Sally pour atteindre l’Enfer. |
|  | | Lapin V.I.P. Ecrits: 134 Age irl: 16 Dragés surprises: 63
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| Sujet: Re: Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... [Anfisea - Sally] Mer 22 Fév - 21:32 | |
| Les doux supplices qu’infligeaient la drogue à son esprit et à son corps s’accentuaient au fil des minutes, abrogeant les dictats et les règlements stricts que Sally s’était imposée pour combler sa construction lacunaire. Le sang se dissolvait dans ses veines, plus puissant que n’importe quel alcool qu’elle avait déjà testé en compagnie d’un de ses amants. Le sang s’infusait dans ses songes, plus pervers que chacun de ses fantasmes jusqu’aujourd’hui inavoués. De glacée et altière, l’héritière de la branche gouvernante de la famille Prewett n’était plus que désir lascif et fantasme voyeur. Si les caresses des deux corps des héritières de deux autres grandes familles avaient fait apparaître sur son visage un masque désintéressé et vaguement prude en temps normal, la délicieuse Vipère n’avait dans ses iris opalines que de l’envie, en fixant le couple instable que formait Kaprice et Anfisea.
La jeune fille cambra doucement ses reins pour se rapprocher du lit où les deux filles l’attendaient et se colla avec presque naturel contre le montant du baldaquin, danseuse instinctive de cabaret antique. Les menaces de sa partenaire, de sa jumelle noire la firent sourire cruellement tandis que sa main ambrée se perdit sous une mèche blonde sa nouvelle victime.
« Sea… »
Folle, oui. Folle de malmener Kaprice ainsi, de creuser le fossé entre elles deux. Son visage de poupée se teinta d’une expression de surprise ingénue lorsque son âme damnée embrassa avec violence celle dont tous rêvait la nuit. Devenue petite fille innocente face à ses sœurs dévoyées, Sally s’assit en tailleur près des deux amantes enlacées, observant avec un étonnement enfantin les passions dévorant les deux jeunes femmes. Sans s’alarmer des ruisseaux carmin coulant sur la peau satinée d’Anfisea, la plus habillée des trois Vipères s’étira comme un chaton, voyant la fin des remontrances arriver. Lorsque Kaprice cédait à la force, l’autre n’avait plus d’autre choix que de lui être soumis.
Enfin, si la formulation s’y prête, l’attention des deux amantes se focalisèrent sur elle et jeune fille sourit, mutine, charmée d’être soudainement la cible de ses estimées camarades. Elles l’invitaient à venir s’amuser avec elles et Sally joua avec la dentelle délicate de sa bretelle, flattée de ces égards. La drogue infestant son être jouait avec ses envies, avec ses réflexions, la rendant lunatique et plus instable encore. Son masque d’enfant se craquela sous le vice qui l’appelait pour laisser place à son visage de prédatrice, d’amante. Son sourire se nuança de dépravation et ses ongles parfaitement manucurés tintèrent contre le bouton d’argent de son pantalon, laissant voir le liseré assorti à son soutien-gorge entre le velours précieux. Ses longues mèches d’or épousaient son corps, mettant en valeur ses courbes, et la Sylphide fit glisser langoureusement son dernier vêtement contre ses jambes fuselées.
Les souvenirs de l’année précédente se mêlaient aux moments du présent et Sally ne savait plus si, en compagnie de sa noire jumelle, il y avait sa délicieuse amante face à elle, l’attendant, ou sa dangereuse rivale qu’elle souhaitait à tout prix évincer. Les doigts arachnéens de la Siffleuse glissèrent contre la cheville d’Anfisea, retrouvant comme un automatisme les mouvements dictés par une partition fragile pour le corps désirable de la Poupée de Serpentard. Lentement, sa main remonta jusqu’au genou de la jeune femme. Assise près de ses deux princesses, Sally les observa, nullement jalouse de l’étreinte qu’elle risquait de briser.
« C’est si doux, l’Enfer, en votre compagnie… »
D’humeur poète, tumeur mutine, la jeune femme croisa ses bras ses les hanches de son ancienne maîtresse et posa son menton dans le creux de ses coudes, son regard rehaussé de nuit aux prunelles dévorées par le sang plongé dans celui d’ambre de Kaprice.
« On n’a pas envie de le redouter… »
Caresses songeuses de ses ongles sur le ventre pâle de l’héritière Black, presque devenus des serres. Envie de déchirer cette chair douce et attrayante aussi puissante que celle de la serrer contre elle, pour la garder près d’elle, de la sentir en elle. Si son corps lui appartenait, son âme était la possession exclusive de la belle descendante des Ashfield. Jumelées par leurs esprits et non leurs chairs, Sally ne savait comment se comporter envers sa moitié mauvaise et si chère.
« Kaprice… »
Ses lèvres carmines esquissèrent avec volupté les syllabes de prénom de la jeune femme, pour le plaisir de l’entendre sonner, puis s’étirèrent en un sourire complice, suintant de connivance et de défi. Seraient-elles ensemble pour faire souffrir leur jolie poupée ?
(Désolée pour le retard <3) |
|  | | | | Et un venin parfumé coulait dans leurs veines... [Anfisea - Sally] | |
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